Frederick Gautier

1969 ( France ), vit et travaille à Paris.
Frederick Gautier assume pendant plus de vingt ans la direction artistique et le lancement de divers projets culturels (expositions, editions et films).
Il collabore avec Actes sud lors du lancement de la collection « Papiers » (1987), avec le groupe Pinault pour l’exposition « Frida K » (1992), puis UGC et Studio Canal pour lequel il assure l’accompagnement international de plus 170 films.
Il travaille également les photogrammes de «Inland empire » de David Lynch (2007) pour la Fondation Cartier et la Galerie du Jour Agnès B. Parallèlement, il s’intéresse à la protection de l’agriculture et au développement des espaces « vivriers » à tel point qu’il décide de devenir paysagiste (2009) ; il se lance donc dans des études à l’école nationale supérieure du paysage de Versailles.

 


 

FCK
C’EST PAR LE BIAIS DU PAYSAGE QUE FRÉDÉRICK GAUTIER A ABORDÉ LA TERRE, LE TRAVAIL DE LA TERRE, LA CÉRAMIQUE. UN CHEMIN TRÈS CONCRET, UNE RENCONTRE AVEC LA MATIÈRE SOUS LE SIGNE DE L’ÉVIDENCE. POUR FRÉDÉRICK GAUTIER, LA NOTION DE LIEU ET DE TERRITOIRE SEMBLE DICTER, AU-DELÀ DE LA MATIÈRE, SON TRAVAIL DE CÉRAMISTE.
À LA CROISÉE DE L’ART ET DU DESIGN LES CÉRAMIQUES DE FRÉDÉRICK GAUTIER PARLENT DE FONCTION, D’OUTILS, D’INSTRUMENT, DE NÉCESSITÉ, DU NÉCESSAIRE, « DE FORMES UTILES ». DANS CE TRAVAIL S’INSTAURE UNE DIALECTIQUE ENTRE LA MATIÈRE ET L’ORGANIQUE, LE VIVANT ET LE CULTUREL, L’HABITAT ET L’HABITÉ AUTREMENT DIT ENTRE L’IMMANENT ET LE PERMANENT. ELLE SIGNIFIE UNE PRÉSENCE,LA PRÉSENCE.
CETTE DÉFINITION TOPOGRAPHIQUE DE LA TERRE INDUIT UN TRAVAIL SUR L’OBJET OÙ S’INSCRIVENT L’ESPACE ET L’ENVIRONNEMENT. LES OBJETS INTERROGENT L’ÉCHELLE, L’ÉTENDUE,LA SURFACE, L’ÉPAISSEUR, LA HAUTEUR, LA PROFONDEUR, LES DISTANCES. ILS EXPRIMENT UNE VOLONTÉ : S’EMPARER D’UN TERRITOIRE DANS NOTRE ENVIRONNEMENT ET SE DÉFINIR COMME UNE PARTIE D’UN TOUT.
LE PROJET « X 100 » DE FRÉDÉRICK GAUTIER S’INSCRIT DANS UNE DÉMARCHE DE PERFORMANCE. LE TRAVAIL DE RÉPÉTITION, DE REPRODUCTION, DE SÉRIE ET D’EXÉCUTION MANUELLE INTERROGE LES SYSTÈMES DE PRODUCTION ACTUELS MÉCANIQUES ET INDUSTRIELS. PAR UN JEU MIMÉTIQUE ALLIANT LA FORME ET LE GESTE, IL JETTE DESSUS UN REGARD À LA FOIS CRITIQUE ET SUBVERSIF ET VIENT QUESTIONNER L’ESSENTIEL : LA NORME, LES NORMES, LE RAPPORT DE SOI À LA NORMALITÉ, À L’ANORMALITÉ, LES LOIS ET L’ESTHÉTIQUE DONT ELLE PROCÈDE.
MICRO ARCHITECTURES, CES OBJETS S’APPARENTENT À DES MARQUEURS SPATIOTEMPORELS ET DES REPÈRES TOPOGRAPHIQUES.UTILISANT UN RÉPERTOIRE DE FORMES SIMPLES, L’ARTISTE REVENDIQUE SES FILIATIONS : LE BAUHAUS, LE CORBUSIER OU MALLET STEVENS. LE TRAVAIL DE LA MATIÈRE CONVOQUE L’ARCHITECTURE ET LE BÂTIMENT PAR LE TRAITEMENT DES SURFACES AUX ASPECTS DE BÉTON BRUT. DANS CETTE PERSPECTIVE MODERNISTE, LES FORMES TRADUISENT UNE SORTE DE « BRUTALISME » QUI PRIVILÉGIE LE MATÉRIAU ET EXCLUT TOUTE ORNEMENTATION.

JEAN DESPROGES – STYLISTE DESIGNER