Nelson Pernisco

Je me suis formé à l’école des Arts décoratifs de Paris, en faisant du skate et en évoluant dans la vie associative à travers d’anciennes usines réhabilitées en espaces de travail et d’exposition autogérée comme le Point G, le Wonder et l’Amour. Ma pratique de la sculpture s’est construite essentiellement autour d’une vie citadine et industrielle, à n’en plus voir les horreurs du monde urbain, et en s’accommodant au déclin du monde contemporain.
Les matériaux employés se revendiquent comme référents du réel, du quotidien et du banal. Ils ne sont peut-être qu’une autre manière de designer l’esthétique dystopique contemporaine. Celle d’un futur négatif, cataclysmique ou moribond qui rejoint dans sa vision rétroactive du temps, un temps immémorial voir préhistorique.
Ils incarnent dans l’espace d’exposition cette même vulnérabilité et provoquent le doute chez le spectateur par leur capacité à accaparer leurs formes de destruction d’une familiarité esthétique.
L’idée de la trace m’intéresse tout particulièrement car elle évoque le temps qui passe et qui dure à la fois, elle fixe cette fraction, cette séquence infinitésimale ou le passé et le futur refluent dans le présent. Fascination de l’instant, conçue à la fois comme la fine pointe du mouvement et comme un saut possible hors du temps,
comme une ouverture pour accéder à travers lui à l’intemporalité.
Je considère l’art comme l’objet d’une quête toujours renouvelée. Je pense que l’art est toujours ailleurs, ni dans l’oeuvre ni dans la représentation, ni non plus dans l’esprit de l’artiste ou des spectateurs. Il est présent parmi nous sur le mode de l’absence.
« Les traces sont les signes de notre temps. Elles étreignent nos vies. Elles démarquent les artères de nos villes. Elles sont notre réalité. Dans les façades calcinées ne fleurissent pas les boutons du romantisme, mais l’esprit démoniaque de la destruction, de la décadence et de l’apocalypse » (Hans Werner Richter)
La trace c’est à la fois, la conservation dans la destruction, une permanence et une perte.
Le vestige est une persistance.
Dans son mouvement provisoirement suspendu, le charme de la ruine se fait entendre. Elle se présente tel une oeuvre humaine tout en produisant l’impression d’être une oeuvre de la nature. Elle coïncide silencieusement dans la ville, haut lieu de la modernité, avec le chantier, fragment inachevé du nouveau.
L’architecture contemporaine ne vise pas l’éternité mais le présent : un présent toutefois indépassable. Elle ne prétend pas à l’éternité d’un rêve de pierre, mais a un présent indéfiniment « substituable ». La ruine ne se constitue que par la lente action du temps. Aujourd’hui, seule une catastrophe pourrait en produire les mêmes effets.
A travers les espaces que je construis, j’aspire à montrer le caractère brut de la matière, celle qui a vaincue, qui s’est inscrite dans le paysage qui lui était offert, jusqu’à son oubli, dévoré par la rouille. Celle qui se manifeste lorsque les musées commencent à disparaitre et que l’homme s’efface.
Tout doit redevenir poussière, poussière de lune.

 

Expositions Personnelles
Les nuits Paris, Commande de la ville de Paris, Place de la République, du 05/06/2015 au
19/06/2015
L’expo NEPOS, à le «Point G» à Paris, du 28/03/2013 au 11/04/2013
Expositions collectives
LE SOLEIL, LE TEMPS ET LE FEU, à « Champ Libre » à Pantin, commissariat d’exposition Andy Rankin. Du 09/02/2015 au 24/02/2015
Ponctuations, à « l’Amour » à Bagnolet, du 23/07/2015 au 06/08/2015
INSTALATION, à la Manutention, à Paris. Du 21/05/2015 au 28/05/2015
INDUSTRIES, à « l’Amour » à Bagnolet. (Commissaire d’exposition et artiste exposant) du 24/02/2015 au 24/03/2015.
With god or not, à l’espace Espace Quinzequinze, à Paris, du 12/11/2013 au 16/11/2013
Le noël d’Habitat 1964, à l’espace Habitat 1964, à St Ouen, 01/12/2013 au 01/03/2014
Nomade UTOPIA, au Carrousel du Louvre à Paris, du 29/06/2013 au 02/07/2013
Dynamo / La nuit des musées, au Grand Palais à Paris, du 11/05/2013 au 25/05/2013
Skateboard, à « Le Huit » à Paris, du 18/06/2013 au 25/06/2013

Associations
Création et présidence de l’association TREL, en charge du lieu Le WONDER à St Ouen.
Membre de l’association lePointG, charge du lieu Le Point G (fermé en 2014)
Membre actif de L’association C.A.A.O.U. en charge du lieu l’Amour à Bagnolet

Editions
INDUSTRIES,  catalogue d’exposition, 85p 200ex Février 2015
Catalogue Wonder, 16p 400ex juin 2015